Thème : Expériences du présent Sommaire Français English not available Deutsch nicht verfügbar Español no disponible Page mise à jour le 03.12.2002
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Expériences du présent

Thème du programme de Français MP 98-99

Thème : expériences du présent

Idées

Définitions

Le substantif « présent » peut prendre deux sens : un sens temporel, qui l’oppose à la fois au passé et au futur, et un sens spatial, si on le considère comme l’antonyme d’ « absent ». (Etre dans le monde et dans le temps).

Il ne saurait y avoir d’expérience que du présent. Une expérience passée n’est qu’une expérience révolue de ce qui fut présent, une expérience future, n’est, de la même façon, que l’expérience à venir de ce qui se présentera.

Saint Augustin, Confessions (~400) : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne me le demande, je le sais ; mais que je veuille l’expliquer à la demande, je ne le sais pas ! ». Il y a « un présent relatif au passé, la mémoire, un présent relatif au présent, la perception, un présent relatif à l’avenir, l’attente. »

Le temps implique le changement : ce qui « a été » (passé) « fut » présent à un moment.

Le présent

Le présent est présence, donc une donnée immédiate, soit de la perception, soit de le sensation pure, soit du sentiment. C’est dans la relation de mon corps et des choses que je fais l’expérience du présent. Dès lors, cette conscience du présent s’accompagne d’une conscience de réalité.

Le refus du présent est, au fond même de l’être, le refus de vivre, le refus d’affronter le réel. Il suffit, pour refuser le présent, d’en ignorer la présence, pour remplir le moment actuel de la représentation de ce qui a été ou de ce qui pourrait être.

Le présent implique une personne qui le ressent : le présent ne peut être qualifié de tel, qu’en référence à un sujet dont il est, justement, le présent, et dont ce sujet fait donc, justement l’expérience.

L’instant

L’instant extatique : instant et éternité

Le présent, cette transition fugitive, si on ne la réduit pas à une abstraction mathématique, comporte une certaine épaisseur de durée, qui peut aller d’un présent fulgurant, désigné métaphoriquement du nom d’instant, à un intervalle de temps plus ou moins long. La difficulté consiste alors à trouver les critères qui permettent de délimiter le présent, c’est-à-dire de préciser où il commence et où il finit. L’instant est ce qui ne dure pas pour Aristote : il est en tant qu’il n’est pas. Aristote en conclut qu’il est du non-être. L’instant peut désigner la fulgurance d’un présent vécu avec intensité, parce que, dans le cours de l’existence, se produit alors un changement radical, soudain et bref, qui peut marquer une direction nouvelle. Bachelard voyait dans l’instant la rupture créatrice de la vie.

La plénitude savourée de chaque instant comble l’âme d’un bonheur parfait, n’y laissant aucun vide qu’elle doive combler par l’espoir d’un futur meilleur ou le souvenir d’un bonheur perdu.

Le souvenir de la durée est parmi les souvenirs les moins durables. On se souvient d’avoir été, on ne se souvient pas d’avoir duré. L ‘éloignement dans le temps déforme la perspective de la longueur, car la durée dépend toujours d’un point de vue. Les objections de Bachelard à Bergson. (Doc. 19/2/99a)

Il y a un contraste entre l’ « instantanéité » supposée du présent et la « durée » plus ou moins requise pour « avoir » une expérience.

Divers

Saint Augustin s’inscrit dans la tradition platonicienne pour laquelle seul est, et seul est véritablement connaissable, ce qui est éternel, l’Etre, Dieu, les essences. Montaigne affirme que « ce qui est éternel, c’est-à-dire qui n’a jamais eu de naissance, ni n’aura jamais de fin, à qui le temps n’apporte jamais aucune mutation. » (c’est Dieu).

Mais qu’en est-il de la représentation ? N’est-il pas paradoxal de parler d’une présence de ce qui est représenté ? S’il n’y a pas actualité du représenté, il y a actualité de la représentation. C’est dans le présent que je me représente l’absence. J’ai une représentation actuelle, donc réelle de l’avenir ou du passé.

Toute vérité est une route tracée à travers la réalité[1] : « Toute vérité » : il y a donc un grand nombre de vérités. Par exemple : vérité du présent, vérité de l’existence, vérité du corps,… Il n’y a par contre que « la réalité » (unicité).

Citations :

 « Vivre est chose exclusivement présente. » (Montaigne)

« Le présent n’a point d’étendue. » (Saint Augustin, Les Confessions, IX, 15)

Henri Bergson : La pensée et le mouvant

Au programme : la deuxième conférence sur la perception du changement.

Bergson

1859-1941

La pensée et le mouvant est paru en 1934.

Structure

La perception du changement (le chapitre V) contient le texte de deux conférences que Bergson a prononcées en Grande-Bretagne les 26 et 27 mai 1911.

1ère conférence : Eléates et les « métaphysiciens en général » ont extrait l’homme du temps que la philosophie bergsonienne va permettre de réintégrer.

La 1ère conférence

La philosophie est née de l’insuffisance de la perception. Parce que chaque philosophie est partielle, la philosophie est plurielle. La philosophie peut s’unifier si elle travaille à dilater la perception.

La visée de l’art est l’extension du champ de la perception. Les poètes et romanciers sont aptes à faire surgir en nous des émotions enfouies et inaperçues. En fixant sur la toile ce que nous avions perçu sans l’apercevoir, le peintre modifiera notre perception de la réalité. Nous aurons à voir par un travail de l’attention ce que l’artiste a perçu dans la fulgurance de la grâce.

Une juste perception du temps rétablira la métaphysique dans ses droits.

La 2nde conférence

19[2] > Un « effort violent » est nécessaire.

20 > Le mouvement de la main qui se déplace est une « chose simple ».

21 > Chaque mouvement est indivisible dans son unité.

22 > L’illusion de la divisibilité naît des besoins de l’action.

23 > Zénon d’Elée confond le mouvement avec l’espace parcouru, (trajet et trajectoire).

24 > Le mouvement est irréductible à des positions immobiles.

25 > « Tout changement réel est un changement indivisible. »

26 > « Le changement n’a pas besoin d’un support. »

27 > Nos habitudes visuelles sont responsables de nos illusions.

28 > La science contemporaine affirme que la mobilité est réalité. (C’est la physique corpusculaire.)

29 > La substance du moi est dans sa continuité indivisible.

30 > La durée vraie est chose claire.

31 > En résumé, la réalité est mobilité.

32 > Préférons la mobilité des flots à la fixité de la terre.

33 > Le passé existe, et non le seul présent.

34 > Le passé est ce qui a cessé d’être utile.

35 > Le présent indivisé et perpétuel est un présent qui dure.

36 > Chez les mourants s’opère un retour du passé.

37 > « Le passé se conserve de lui-même, automatiquement. »

38 > Le passé se conserve de lui-même en nous, et aussi au dehors.

39 > Les problèmes liés aux notions de substance et de changement sont résolus.

40 > La vision juste du changement éclaire le problème de la liberté.

41 > Par la durée, nous accédons à l’éternité de la vie.

idées

Le mouvement et le changement sont indivisibles. Le mouvement est indivisible parce que nous le sentons indivisé.

C’est la confusion entre l’action sur le réel et la nature du réel qui explique l’illusion de l’immobilité.

La pure durée n’est qu’une succession de changements qualitatifs et non une juxtaposition de moments homogènes mesurables par lesquels s’introduit subrepticement l’espace. Elle est hétérogénéité pure.

La philosophie bergsonienne est une philosophie de l’action. Il n’y a pas de substance sous le changement et le mouvement. Ils sont en eux-mêmes substantiels. Nous substituons des positions au passage.

La vue est le sens de l’espace, l’ouïe est le sens du temps.

L’intuition : saisir les choses du dedans. La durée, pour être saisie dans la vraie clarté de l’intuition exige une déconstruction de nos habitudes.

C’est l’événement qui fixe ses limites au présent : on désignera par présent le laps de temps qui s’écoule entre le commencement et la fin d’un événement.

Bergson conteste la conception augustienne que le passé puisse survivre autrement que par l’intermédiaire du présent et que la mémoire soit un magasin conservant ce passé dans lequel il suffirait de puiser les souvenirs qui y sont rangés.

Le présent au sens large englobe toujours un passé et un avenir proches. Entre dans ce présent tout élément du passé et du futur qui s’articule étroitement avec le présent immédiat, c’est-à-dire qui l’intéresse ou l’influence directement. (critère retenu par Bergson p.169) : la distinction du passé et du présent, « arbitraire, relative à l’étendue du champ […] de notre attention à la vie ». Il n’y a pas lieu d’opposer présent et passé comme ce qui est à ce qui n’est pas, mais comme ce qui est utile à ce qui ne l’est pas. Le cerveau élimine le passé inutile à l’action pour ne retenir que ce qui peut servir le moment présent. Le cerveau est ainsi ce qui permet l’oubli. Le présent est durée, continuité, il est mouvant, c’est-à-dire très exactement le contraire d’une éternité figée, immuable, c’est-à-dire, étymologiquement, qui ne peut changer.

Bergson refuse le tout scientifique et des thèses qu’il désapprouve : le mouvement divisible, vision simplifiée et simpliste du monde donnée par les scientifiques, est pour lui une vue de l’esprit.

Citations

« revenir à la perception » (1ère conférence p.148)

« Je vais vous demander de faire un effort violent pour écarter quelques-uns des schémas artificiels que nous interposons, à notre insu, entre la réalité et nous » (19-p.157, 2nde phrase de la 2nde conférence)

« Je dis que ce mouvement de A en B est chose simple. » (20-p.158)

« Le mouvement est la réalité même. » (22-p.159)

« nous méconnaissons le réalité vraie » (p.160)

« Tout changement réel est un changement indivisible. » (25-p.162)

« Le changement n’a pas besoin d’un support. » (26-p.163)

« Il y a des changements, mais il n’y a pas, sous le changement, de choses qui changent. » (26-p.163)

« Le mouvement n’implique pas un mobile. » (26-p.163)

« Ecoutons une mélodie en nous laissant bercer par elle : n’avons-nous pas la perception nette d’un mouvement qui n’est pas attaché à un mobile, d’un changement sans rien qui change ? » (27-p.164)

« la durée réelle est ce que l’on a toujours appelé le temps, mais le temps perçu comme indivisible. » (30-p.166)

« le passé fait corps avec le présent » (p.170)

« Le passé se conserve de lui-même, automatiquement. » (37-p.170)

Albert Camus : Noces

Camus

1913-1960

Noces paraît en 1939 alors qu’il a 26 ans.

Structure / Résumé

L’épigraphe de Noces a de quoi surprendre, Albert Camus cite Stendhal : une des Chroniques italiennes, « la duchesse de Palliano ».

Noces à Tipasa [p.11-21]

Tipasa est une ville romaine d’Algérie en ruines, à 65 km d’Alger, sur laquelle se sont greffés des villages de pêcheurs.

L’essai dessine un parcours dans un lieu, tout au long d’une journée d’été, du matin à la tombée de la nuit. Camus y décrit une expérience de la plénitude, de la satiété. Il n’y est pas venu seul. Dans ce 1er essai, la nature s’incarne plus spécifiquement dans le soleil et la mer. Cet essai nous plonge donc dans la joie des sens, sensations de bien-être traduites par la métaphore filée de l’union, de la fusion charnelle, qui concerne à la fois les éléments de la nature elle-même et le rapport de l’homme et de la nature.

Le vent à Djémila [p.23-32]

Djémila, c’est le Désert, sur les hauts plateaux du Constantinois, et il faut beaucoup de temps pour y arriver.

Le 2nd essai présente des caractéristiques qui le rapprochent du 1er : il décrit également un lieu précis, un autre paysage de ruines romaines, visité au long d’une journée entière. Cet essai dit aussi les noces de l’homme avec la nature, mais dans une tonalité bien plus sombre et plus amère que le 1er essai. Alors que Tipasa permettait de ressentir la plénitude dans l’abandon aux éléments, Djémila procure au contraire une sensation de dépouillement, de dessèchement du corps, fouetté par un vent violent. A Djémila, le soleil dessèche, brûle et dévaste les corps, il les pétrifie.

L’été à Alger [p.33-52]

Après une brève introduction, qui donne à voir quelques images du peuple algérien, Camus brosse le tableau des baignades à Alger, et l’oppose aux silences de ses soirs « fugitifs », il dépeint ensuite ce peuple enfant aux « bonheurs faciles », « sans défense contre la mort », enfin il conclut sur la pureté de ce peuple et « l’âpre leçon » de ce pays.

Le désert [p.53-70]

« à Jean Grenier ». C’est en 1937 que, profitant d’un billet à tarif réduit, Camus a fait le voyage à Florence.

Le parcours auquel invite « le désert » suit donc encore une forme nouvelle, par rapport aux trois essais qui le précèdent. Il ne s’agit plus de découvrir un lieu bien circonscrit, mais un pays tout entier, L’Italie, présentée comme la patrie de l’art et des peintres, ce qui permet une atemporalité relative à la description. Camus nous invite à le suivre à travers la Toscane (en particulier dans les villes de Pise et de Florence) en évoquant alternativement des paysages et des peintures. Camus conclut que l’Italie est pour lui une terre de prédilection parce qu’elle incarne par excellence le balancement qui clôt sa réflexion sur l’homme et son bonheur : la coexistence de la beauté et de la mort est paradoxale, mais il faut y consentir sans pour autant s’y résigner.

idées

Les expériences

Dès le 1er texte Noces à Tipasa, Camus constate la difficulté de remonter à l’expérience originelle, entreprise qu’il décrit toujours comme une sorte d’ascèse : « Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde. » (p.14). Mais dans le vent à Djémila, il semble atteindre à cette plénitude dans le sentiment immédiat de l’existence : « Oui, je suis présent . […] Car, pour un homme, prendre conscience de son présent, c’est ne plus rien attendre.» (Le vent à Djémila p.26) (lucidité)

On retrouve dans Noces une exaltation lyrique (comme chez Gide) face à la beauté du monde, une sorte d’ivresse qui conduit à l’oubli de tout ce qui n’est pas la sensation immédiate. Pour Camus, le corps est un instrument de perception.

Ces noces ne sont pas avec un être, mais avec le monde réel, le monde présent, dans toute sa sensualité débordante et dévoratrice. Une telle union conduit, dans Noces à Tipasa, à « l’heureuse lassitude d’un jour de noces avec le monde » (p.17)

Les expériences ont une durée : « Que d’heures passées à écraser les absinthes, … »

La mort et le refus des illusions

L’hédonisme du dénuement relève bien d’une ascèse, qui, chez Camus, implique une sorte de « dépossession de soi-même », un renoncement à toute illusion et plus particulièrement à l’espoir d’une autre vie.

A propos des algériens : « Ce peuple tout entier jeté dans son présent vit sans mythes, sans consolation. », « aucune divinité trompeuse »  (p.46). La jeunesse d’Alger n’a pas d’histoire, ni de devenir : la morale est de profiter de l’instant. « Voici un peuple sans passé » (p.45-46). L’indifférence à l’histoire est aussi l’indifférence à la mort. Par « mythes », Camus entend ici religion, ou éléments consolateurs d’un religion. Le dimanche et le cimetière perdent ici leur sens. Le peuple d’Alger est exemplaire aux yeux de Camus dans la mesure où il sait vivre au présent, refusant les espoirs d’une autre vie, ainsi que le recours mensonger à une quelconque transcendance. Selon Camus, le vie ne peut se révéler dans toute sa beauté qu’à ceux qui acceptent l’idée que la chair est mortelle.

Le site des ruines de Djémila lui fait sentir son propre dénuement et le goût de la mort, qu’il a en commun avec cette ville morte. Camus s’inscrit contre le projet et contre la mort. « Il ne me plaît pas de croire que la mort ouvre sur une autre vie. Elle est pour moi une porte fermée. » (p.27). « De la boîte de Pandore où grouillaient les maux de l’humanité, les Grecs firent sortir l’espoir après tous les autres, comme le plus terrible de tous. » (p.49)

Noces est un hymne à la vie, fait l’apologie de la satiété.

Le présent

Le présent est le temps le plus performatif qui soit. Fonction performative : dire, c’est faire. Exemples dans Noces p.15 : « "Voici qui est rouge, qui est bleu, qui est vert. Ceci est la mer, la montagne, les fleurs" ».

On trouve dans Noces un présent incident, correspondant à des actes, à des mouvements, à l’intrusion ou en tout cas à la manifestation de la vie des hommes dans un paysage de ruines qui devrait signifier la mort.

Le passé de Noces est intégré au présent, transformé en présent.

Le mythe de Sisyphe montre que l’enfer peut être un éternel présent : là où l’impassibilité de l’homme et sa grandeur sont sans espoir (p.55) : « Cette impassibilité et cette grandeur de l’homme sans espoir, cet éternel présent, c’est cela précisément que des théologiens avisés ont appelé l’enfer. ». Un Piero della Francesca l’avait compris, mais le cardinal Carafa aussi. Et on saisit mieux pourquoi Camus a choisi pour épigraphe le récit fait par Stendhal de ses derniers instants. Car la manière dont le cardinal, étranglé par deux fois, regarde le bourreau sans prononcer un mot, illustre et le principe de répétition et le regard stoïque qui caractérise le condamné, le damné, et Sisyphe lui-même, avant de caractériser l’homme confronté à l’absurde.

Citations

Noces à Tipasa

« Tout à l’heure, […] j’aurais conscience […] d’accomplir une vérité qui est celle du soleil et sera aussi celle de ma mort. Dans un sens, c’est bien ma vie que je joue ici. » (p.16)

« J’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. » (p.18)

« A Tipasa, je vois équivaut à je crois ». (p.18)

 « Il y a un temps pour vivre, et un temps pour témoigner de vivre. » (p.18)

Le vent de Djémila

« Il est des lieux où meurt l’esprit pour que naisse une vérité qui est sa négation même. » Le vent à Djémila p.23 (1ère page)

Djémila : « Ce n’est pas une ville où l’on s’arrête et que l’on dépasse. » (p.24)

 « Par [ma peau], auparavant, je déchiffrais l’écriture du monde. » (p.25)

« De la mort et des couleurs, nous ne savons pas discuter. » (p.29)

« Toute mon horreur de mourir tient dans ma jalousie de vivre. » (p.30)

« Le monde finit toujours par vaincre l’histoire. » (p.32)

L’été à Alger

« Beaucoup en effet, affectent l’amour de vivre pour éluder l’amour lui-même. On s’essaie à jouir et à « faire des expériences ». Mais c’est une vue de l’esprit. » L'été à Alger p.48

« On se dépêche de vivre » (p.46)

Le désert

« C’est qu’ils [les peintres] travaillent dans cette matière magnifique et futile qui s’appelle le présent. » Le désert p.54

« J’appelle vérité tout ce qui continue. » (p.54)

« La seule vérité est le corps ; c’est une vérité qui doit pourrir » (p.55)

 « Il n’y a pas tellement de vérités dont le cœur soit assuré. » Le désert p.56

« Double vérité du corps et de l’instant » Le désert p.59. La formule est sans doute celle qui exprime de la façon la plus concise la conception camusienne de la vérité qui refuse l’absolu, le transcendant et toute forme de prospective.

« Une certaine continuité dans le désespoir peut engendrer la joie. » (p.63)

 « On y apprend du moins à ne compter sur rien et à considérer le présent comme la seule vérité qui nous soit donnée par « surcroît ». » Le désert p.65

« Mais qu’est-ce que le bonheur sinon le simple accord entre un être et l’existence qu’il mène ? » Le désert p.65

 « La grande vérité que patiemment il [le paysage] m’enseignait, c’est que l’esprit n’est rien, ni le cœur même. » Le désert p.67

« le bonheur naît de l’absence d’espoir ». (p.68)

Divers

Dans la préface de l’envers et l’endroit, Camus écrit : « Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre. »

Jean Giono : Les Grands Chemins

Giono

1895-1970

Il a été emprisonné après la guerre pour pacifisme, puis pour collaboration.

Les Grands chemins furent écrits en 2 mois fin 1950.

Structure / Résumé

1. L’automne : la route

Le roman s’ouvre sur une citation de Shakespeare.

1er jour [p.9-29]: errance heureuse, rencontre de différents personnages (vieille bergère, femme aux pommes, …), traversée de différents villages, recherche d’un gîte, rencontre du curé chez qui il passe la nuit.

2ème jour [p.29-46] : rencontre de l’artiste. Le Narrateur et l’Artiste vont à G. où ils couchent dans la même chambre.

3ème jour [p.46-67] : le jour de la foire, et la nuit de la bagarre : deux charpentiers colosses (les « éléphants ») invitent le Narrateur à une « tournée des grands-ducs ». Episode de la bagarre, puis fuite nocturne.

4ème jour [p.66-73] : sur la route, ensemble.

2. Début de l’hivers : première halte

Le temps de la narration se dilate.

Ø      Au « moulin d’huile » : bien-être du Narrateur et « mystères » domestiques chez les Edmond. [p.73-103]

Dialogue un dimanche avec « une charmante jeune fille » qui veut être conduite à l’arrêt d’autocar sur la grande route. Le Narrateur l’attend comme convenu, mais elle ne sort pas. Un second rendez-vous est alors fixé. La jeune fille arrive donc à s’enfuire. Alors arrive un « type maigre » qui vient accuser le Narrateur de détournement de mineure Désormais, tout le village jase sur le Narrateur.

Le Narrateur doit ensuite s’occuper des « drôles de combines » de M. Edmond.

Ø      Remise en question / mise en jeu : la visite de l’artiste et ses conséquences. [p.103-129]

L’Artiste propose au Narrateur de venir avec lui jouer au poker.

Le Narrateur demande un jour de congé pour aller rejoindre l’Artiste et jouer aux cartes.

Ø      Retour au moulin : l’expédition à Pont-de-l’Etoile [p.129-146]

Disputes conjugales chez les Edmond… Le Narrateur doit rendre un service à M. Edmond : apporter au « type maigre » une grosse somme d’argent en cachette de Mme Edmond. En l’effectuant, alors qu’il se perd en marchant, il fait la rencontre d’un type isolé dans une cabane, mais très informé. Sur le chemin du retour, il fait une halte à l’auberge de Pont-de-l’Etoile où il discute avec une jeune fille passionnée par les « forces antagonistes ».

Ø      L’Artiste est massacré. [p.146-156]

Le Narrateur découvre l’Artiste dans un sale état. Ils fuient. Ils demandent de l’aide dans un couvent.

3. Sur la route à nouveau, à deux

Au couvent Sainte Jeanne [p.156-176]. Le Narrateur loge l’Artiste au couvent en inventant un histoire pour justifier leur situation. Il travail dans le garage d’un type qui adore la vitesse.

Dès que l’Artiste est rétabli, ils reprennent la route. Pour le Narrateur, c’est une assez belle vie. Cet idylle a une fin.

4. Fin de l’hivers : deuxième halte

Halte au bistrot de Catherine et au château de M. Albert, cocu, où le Narrateur est embauché comme chauffeur… L’Artiste accuse le Narrateur de lui avoir fait les poches… Conversation entre le Narrateur et l’Artiste qui repensent à ses soirées où ils jouaient « avec le feu ». L’Artiste révèle alors la vérité : il ne peut plus se servir de ses mains.

5. L’arrivé du printemps : « dénouement gordien »

Deux jours et une nuit : ralentissement du rythme de la narration, qui est redevenu quotidien, accélération des événements. [p.219-fin]

Une journée d’orage : excitation. Le Narrateur de coupe la barbe en public, par envie folle d’exhiber sa « gueule de printemps ».

Le soir du jour suivant, le Narrateur et M. Albert apprennent l’assassinat de la vieille Sophie (étranglement). On apprend l’identité de l’Artiste, le meurtrier. Une battue est organisée. M. Albert invite le Narrateur à y participer. Le Narrateur retrouve seul l’Artiste. Au petit matin, il le tue. Meurtre par amour.

idées

La forme du récit

Le moment de la narration ne se distingue pas du moment de l’histoire. Le présent de l’indicatif correspond pour de bon au temps de l’énonciation narrative : ce n’est pas un passé déguisé.

Le présent joue parfois le rôle de l’imparfait dans un récit au passé :

§         valeur durative : « Je suis au bord de la route et j’attends la camionnette qui ramasse le lait. » (1ère phrase du roman p.9).

§         valeur itérative : « Chaque fois, je joue à coup sûr, chaque fois je perds » (p.38)

§         habitude : « M. Edmond descend de temps en temps voir si tout va bien » (p.102)

Pour rendre le continuum du temps vécu par une conscience, Giono a présenté le monologue de son narrateur comme un tout, sans aucune séparation, chapitres ou « blancs ».

La transformation de la réalité : le Narrateur « gaze » à mainte occasion, c’est-à-dire embellit, déforme, masque, ment. En « gazant », en jouant des rôles, en se racontant des histoires, les personnages de la fiction témoignent donc de diverses expériences fictives du présent. Raconter, c’est « gazer », mais naturellement, raconter, c’est aussi mentir : « Je l’écoute et c’est l’histoire d’un saint qu’il me raconte » (p.70). Aux deux « éléphants », le Narrateur, ivre, « invente » l’artiste en le racontant.

Double régime temporel : lenteur et vitesse

-          la sage lenteur du Narrateur ou le bonheur dans la durée

-          la vitesse de jeu de l’Artiste ou la jouissance de l’instant.

L’originalité de Giono consiste alors à croiser grâce au présent deux modèles romanesques a priori fort éloignés l’un de l’autre : le récit picaresque (des aventures successives dans un espace ouvert) et le monologue intérieur (le courant ininterrompu d’une pensée). L’hivers ferme les routes et notre voyageur s’immobilise au moulin. Le picaresque n’était-il qu’un leurre ? La partie centrale du roman remet en tout cas sérieusement en question le chronotope de la route. Les vrais départs concernent bel et bien la vie intérieure, et avec des conséquences autrement plus tragiques.

Le langage : les modalités exclamatives (« Tu parles ! » (p.91)) et interrogatives, le lexique familier (« Ça la fout plutôt mal dans ce bled. » (p.84)) et les tournures agrammaticales donnent chair à cette parole, font vibrer cette voix, lui conférant une proximité gouailleuse.

Les dialogues rapportés dans Les Grands Chemins sont généralement des échanges de lieux communs. Cela renvoie à la vacuité de l’existence.

Le roman brouille les cartes grâce au présent : il mêle les deux plans de la narration et du discours rapporté, et il confond les différentes formes de discours rapporté. C’est l’omniprésence du présent qui provoque ces confusions. Le soir de la tournée des bistrots, la confusion des voix traduit d’autant mieux une situation conflictuelle, le dialogue de sourds dans le brouillard de l’ivresse.

Le présent

Un présent (de tout repos, croyait-on au début du récit) peut en cacher un autre (hanté par la violence, la démesure, le vertige mortel).

Le carpe diem : le Narrateur connaît ce plaisir qui consiste à se satisfaire de ce qu’offre de jour présent, en se libérant du désir d’objets absents qui est facteur de trouble, d’inquiétude : « je vois à travers mes propres arbres un petit bout de ciel très bleu. Qu’est-ce qu’il faut de plus ? Le matin, tout est beau » (p.30). Le chauffage de fesses au fourneau : « à mon avis c’est là l’humanité » (p.142-146)

L’ennui apparaît précisément comme une maladie du présent, comme une épreuve de la longueur des jours, comme un vacuité du moment.

Dans Des souris et des hommes de John Steinbeck, le leitmotiv des dialogues entre George et Lennie concerne le rêve d’un avenir heureux. L’amitié du Narrateur et de l’Artiste, au contraire, ne se projette pas dans un avenir commun : « Je fais très attention dans la conversation de bien séparer mes projets des siens. » (p.179)

Le roman propose un regard critique sur l’actualité politique et un détournement ludique des attributs de la civilisation moderne : aucun journal, aucune radio, aucune auto ne saurait ainsi livrer d’expérience véritable du présent vivant. Le Narrateur n’est pas coupé de toute information : journaux et radios maintiennent le contact avec le présent de la vie politique et sociale. Le présent socio-politique, étranger à l’expérience de l’individu, est sans rapport avec le présent de son vécu, de ses passions, de son ennui. « Au fond, il a raison. Je ne me tiens au courant de rien, mais j’ai tort. » (p.138). « en se passionnant pour les forces antagonistes, on doit jouir comme à la Catherine. » (p.145)

Le Narrateur accompagne physiquement cette courbe des saisons, en se laissant rituellement pousser la barbe pour l’hivers et en la rasant joyeusement quand vient le moment de retrouver « sa gueule de printemps » (p.226).

Le passé

Si le lecteur espérait être informé, dès l’incipit, sur l’identité et le passé du Narrateur, il a de quoi être déçu. La curiosité du camionneur est limitée. (De même avec la femme du type maigre). Le curé, comme le lecteur, se heurte aux réticences du Narrateur : « Il veut savoir pourquoi j’ai quitté ma dernière place. Ce n’est pas un mystère : c’est que de temps en temps, j’aime partir, c’est simple. » (p.219). La question du passé est ainsi éludée : le Narrateur répond par un présent d’habitude. On sait simplement que le Narrateur à un « joli prénom » « plutôt simple » d’après Catherine (p.190). Les personnages de la fiction en savent plus que nous, lecteurs ! On sait simplement du Narrateur que c’est un grand blond (p.114) âgé de 45 ans (environ) (p.194).

L’identité et le passé de l’Artiste : il a fait de la « tôle » (p.213) : c’est là qu’il a appris bon nombre de tours de cartes. « [L’Artiste] s’appelait en réalité Victor André, né à Alger, de père et mère inconnus. » (p.230). « Je ne sais pas très exactement ce qu’il était » dit le Narrateur au sujet de l’Artiste à M.Albert (p.231-232)

Le passé et le futur ne sauraient être cependant, bien sûr, être totalement occultés : mais quand ils sont mentionnés, c’est avec le minimum de distance, en relation directe avec le présent vécu.

Le récit des Grands Chemins fait rarement référence au passé. Quand cela se produit, le retour en arrière est ponctuel, elliptique (cela concerne des éléments du passé fragmentaires, très incomplets), de faible portée (peu de distance temporelle entre le présent de référence et le moment passé) et de faible amplitude (la durée d’histoire couverte par le retour en arrière est limitée).

L’expérience

Expérience partagée : L’expérience heureuse du présent est celle d’un présent partagé : « Je lui dis qu’il fait sacrément bon au soleil et je vais jusqu’à avouer que c’est très agréable d’être ensemble. » (p.33). C’est le présent de l’amitié.

Il y a dans les Grands Chemins des scènes bucoliques : repos sous les hêtres, musiques apaisante, nature bienveillante…

L’Artiste, le jeu

L’Artiste incarne l’amour passionné de la vie au risque de la mort. «  Je lui dit : "Tu jouais avec le feu", il me répond : "Naturellement !" (je retiens ce mot là) "Avec quoi veux-tu que l’on joue ?" » (p.218). Cette réponse fait son chemin dans la tête du Narrateur : « Peut-être jusqu’à présent (Mais alors bon Dieu de bois, c’est manque de réflexion, je vous jure) j’ai cherché à limiter mes pertes. ». « C’est un bien plus beau joueur que nous. C’est lui qui joue la vérité. Tricher l’oblige à miser l’essentiel. Il est quelqu’un en plein. » (p.120)

La sécurité ne réjouit pas. Ce qui compte, pour le bonheur, c’est de tout remettre en question. La jouissance consiste alors à risquer sa vie dans l’intensité d’un présent explosif, non à l’éterniser dans l’équilibre d’un bonheur simple. (Contrairement au présent épicurien). Le plaisir le plus démesuré consiste à se mettre soi-même en jeu.

L’Artiste est la figure du Tentateur, qui arrache le Narrateur à la juste mesure d’une vie équilibrée. La visite de l’Artiste au moulin bouleverse le rythme paisible d’une durée sans heurt : « Il n’aime pas me voir vivre comme les marmottes. » (p.105).

L’Artiste symbolise une certaine hâte de vivre. Peut-on cependant être quelqu’un dans la brièveté de l’instant immédiat ? Le verbe d’état suppose un minimum de durée. Comment peut-on combiner la jouissance dans l’intensification du présent et l’extension du plaisir dans le temps ? Autrement dit, peut-on faire demeurer la joie ? La jouissance et la durée semblent à première vue contradictoires : pour vivre plus et mieux, il faut concentrer le présent dans l’instant de la jouissance. Quand on se jette du haut d’un pont, « ce qui est chouette, c’est le temps qu’on met à tomber du pont. » (p.234)

Il n’y a pas loin de la gestion de l’argent à celle de la vie même : le sang lui aussi s’économise ou se dépense.

La route

Rien de tel qu’une route pour figurer l’axe du temps : le point où je suis se déplace, aussi éphémère sur le chemin que l’instant dans la durée. La route spatialise et vectorise le temps humain : l’état des routes, droites ou tortueuses, désertes ou fréquentées, représente le destin de l’homme. Au carrefour, le voyageur dispose d’une liberté de choix : « Nous pourrions descendre droit vers la nationale en dévalant la pente, mais on décide d’aller au village ».

Espace de hasards et de surprises, la route est par elle-même un espace de jeu. Qui va-t-on rencontrer ? Un berger ou une bergère (p.16) ? Un homme ou une femme (p.23) ? Un pêcheur ou un musicien (p.31) ?

A chaque étape, le bistrot est l’endroit idéal pour satisfaire les besoins du corps (manger, boire, dormir), mais aussi, bien souvent, pour s’informer sur le village, s’enquérir d’un emploi possible. Mais d’autre part le bistrot est aussi le lieu d’ivresse et de jeu, de violence latente, de perdition possible. C’est donc un lieu d’expérience.

Les plaisirs de la route et de la vitesse sont une forme de divertissement.

Divers

La mode est aux « surplus américains[3] ».

Le Narrateur aime lire. Le désir de lire détourne d’autres désirs – de jouer, de tricher, de tuer. Serait-ce parce qu’il aime lire que le Narrateur échappe aux folles envies qui saisissent sont double, insensible au prose de Montesquieu ? Le manque de lecture digne de ce nom dans la « cagna » du moulin explique en tout cas que naissent d’autres désirs.

Le Narrateur constate lucidement que l’artiste est une crapule : « le plus beau salaud que la terre ait jamais porté : la vache finie, voleur, menteur, égoïste, la saloperie incarnée, capable de tromper père et mère, de se vautrer dans la merde avec la joie d’un truie. »

Les saisons : L’automne est une saison divertissante parce qu’il propose de beaux spectacles sanglants : le rouge des pommes, des feuilles et du rouge-gorge, le tronc des pins « rouge comme du vin » (p.35). Quand le sang colore le paysage, on est moins tenté de le faire couler dans la vie. Voilà pourquoi M. V, l’assassin d’Un roi sans divertissement, ne tue pas pendant l’automne, et pourquoi l’automne est pour le Narrateur des Grands Chemins « un bon copain ». Le malaise se révèle pendant l’hivers, saison de la blancheur uniforme qui efface le sang de la vie : « L’hivers est la saison des désirs. » (p.107)

Citations

Le Narrateur dit au sujet de l’Artiste : « Il a des quantités de choses qui me déplaisent. Ce n’est vraiment pas un homme de ce genre que j’aimerais avoir pour ami. » (p.35)

« Il est difficile d’être un monde tout seul. » (p.56-62)

La nuit de la bagarre : « Je suis aux anges. », « C’est une nuit du tonnerre ! ». (p62-66)

 « Il ne s’agit que d’être Monsieur-tout-le-monde. C’est le meilleur moyen pour qu’on vous foute la paix. » (p.144)

« somme toute, le monde est bien fait » (p.215-226)

A la fin : « Nous sommes seuls, l’Artiste et moi. […] Je sais que nous allons régler cette affaire à l’amiable. »

« C’est beau l’amitié » (phrase du Narrateur après avoir tué l’Artiste).

 « J’oublierai celui-là comme j’en ai oublié d’autres. » (p.243)

 « Le soleil n’est jamais si beau qu’un jour où l’on se met en route. » (p.243 dernière phrase)

Définitions générales

ascèse : ensemble d’exercices physiques et surtout moraux, réalisés généralement en vue d’un perfectionnement spirituel.

hédonisme : doctrine qui prend pour principe de la morale la recherche du plaisir, de la satisfaction.

immanent : dont l’être s’identifie à un autre être.

mortification : privation, souffrance qu’on s’impose dans une intention spirituelle ou morale.

nihilisme : négation de toute croyance. (Système qui avait des partisans en Russie au XIXème siècle, et qui avait pour objet la destruction radicale des structures sociales, sans viser à leur substituer aucun état définitif.)

ontologie : connaissance de ce qui est, de l’être en soi.

panthéisme : système de ceux qui identifient Dieu et le monde.

quintessencié : trop subtil



[1] Sujet de dissertation de mars 1999. Citation de Bergson.

[2] Les numéros correspondent aux paragraphes du texte. De 1 à 18 pour la 1ère conférence, de 19 à 41 pour la 2nde.

[3] Plus de détails : cf. p.209 du bouquin : un thème, trois œuvres : Expériences du présent (Belin Sup.)

Nicolas ROFFET - 11.06.2003 Haut de la page